WWOOFing à La Lombarde

Du 22 au 30 juin, nous avons passé une semaine super intéressante à La Lombarde. Nous avons été accueillis par Wolfgang & Valérie qui vivent ici toute l'année. Wolfgang habite ici depuis à peu prés une dizaine d'années, il a été rejoint il y a 6 ans par Valérie qui a découvert le lieu en faisant du WWOOFing. Wolfgang est à la retraite et profite de son temps pour travailler tous les jours sur son terrain où il applique les principes de la permaculture au maximum (en dehors de ses nombreuses autres activités extérieures que nous énoncerons plus tard). Quant à Valérie, elle travaille à mi-temps dans une association de formation/sensibilisation au compostage Auras du sol et aide Wolfgang le reste du temps pour les tâches quotidiennes et le jardinage. Même si Wolfgang est modeste à ce sujet, ils sont quasiment autonomes en électricité, en chauffage et en nourriture.

Le Lieu

La Lombarde Ouest est un très joli domaine, il fait un peu plus de 15 hectares et est divisé en plusieurs parties différentes :

Il y a trois maisons, une vieille qui été déjà là quand Wolfgang à acheter le terrain. C'est une grande maison en pierre, ce qui est très pratique pour garder la fraîcheur en été, mais bien plus compliqué à chauffer en hiver. C'est dans cette maison que nous avons habité cette semaine, car Wolfgang a construit une seconde maison plus petite et mieux isolée juste à côté. 🏡 C'est dans celle-ci que nous avons mangé et passer du temps à leurs côtés. La troisième maison, ou plutôt cabane, se situe dans le verger, c'est là que nos deux hôtes dorment en été pour profiter de la fraîcheur des arbres fruitiers. Juste à côté des deux maisons principales, on peut trouver une annexe et un garage où sont entreposés tous les outils et tout ce qui n'est pas nécessaire à l'intérieur des maisons. L'eau des maisons est chauffée par des panneaux solaires thermiques qui sont aidés par un chauffage au bois lorsque le soleil se cache. ☁️

panneaux solaires sur un bâtiment de la Lombarde

Au cœur de ces bâtiments, se trouve une petite cour fermée dans lequel on trouve quelques arbres fruitiers (un énorme figuier, des vignes grimpantes, un pêcher et d'autres), quelques herbes aromatiques et baies, un enclos pour les poussins et leur maman, de nombreuses plantes diverses ainsi qu'une petite culture de champignon (nous reviendrons sur cette dernière plus tard dans l'article).

cour des maisons

Derrière le garage se trouve une serre d'environ 50m² (peut-être plus) avec une marre dans lequel vivent des crapauds, les bacs à compost, une petite zone où vivent des poules sauvages qui apportes à Valérie et Wolfgang des œufs frais, une marre artificielle et une naturelle dans lesquels vivent un couple de canard coureur.

montage de la serre et de la marre

En continuant dans cette direction, on arrive vers le pré de deux ânesses (Wolfgang étant Autrichien, leur nom est Allemand et nous n'avons pas réussi à les comprendre, vous nous excuserai donc de ne pas les nommer). Le pré est coupé en deux ce qui permet de les faire changer de terrain pour qu'elles aient toujours de quoi manger et que les terrains puissent se “reposer”.

ânesses

Juste à coté se trouve le verger dans lequel sont cultivées des arbres fruitiers en tout genre (pomme, poire, pêche,etc ... ) et dans lequel Wolfgang est en guerre contre des oiseaux qui mange ses récoltes, quelques ruches (sauvages ou non), une petite culture de bambou qui serve à la construction (rappelez vous des magnifiques tipis que nous avions fait à l'Oasis des ptis potes) et l'ancien potager qui a été bougé car trop loin de la maison, dans lequel on peut quand même trouver quelques restes de buissons et de plantes qui continues de poussés d'elles même.

montage du verger et des ruches

Entre la route et le reste du terrain se trouve une forêt “mi-sauvage” (on a une fois pu y apercevoir une biche en s'y baladant). Wolfgang la taille de temps en temps pour qu'on puisse s'y promener avec la technique du “chop and drop” littéralement “couper et lâcher” qui consiste a laisser les branches coupés sur le sol afin qu'elles le nourrisse en se décomposant. Il y récupère également quelques branches pour se chauffer ainsi que pour faire des constructions (par exemple il été en pleine construction d'un séchoir solaire avec son bois qu'il a fait passer dans une scierie). Cette forêt est également un endroit propice à la culture de différents champignons que ce qui se trouve dans la cour (pas d'impatience nous allons tout vous expliquer sur ces fameux champignons !).

De l'autre coté du terrain, juste à côté de la maison, se trouve l'actuel potager. On y trouve de nombreuses variétés de fruits, légumes, fleurs comestibles et herbes aromatiques : tomates, fraises, courgettes, capucine, verveine et tellement d'autres !

jardin

Un peu plus bas sur le terrain, après une haie brise-vent, se trouve deux grandes buttes. Plus bas sur ce versant du terrain, la terre est laissée tranquille, c'est cependant taillé de temps en temps pour faire du foin (qui sert généralement au paillage).

À côté de la maison et du potager, il y a un grand champ dans lequel Wolfgang et Valérie ont planté 200 arbres ! Des noisetiers, des oliviers, et (encore une fois) tellement de variété qu'il est impossible de tous les citer !

arbres qui poussent

Derrière cette zone, se trouve une forêt naturelle qui est laissée en friche à l'exception de quelques tailles afin que les chemins soient praticables et que toutes les plantes puissent y être heureuses.

Activités

Cette fois ci nous avons travailler sur des horaires bien réguliers, de 9h à 12h et de 17h à 19h, nous faisions une pause dans l'après-midi pour éviter les grosses chaleurs d'été. Nous avons été impressionnés par la capacité de Wolfgang à s'arrêter pile à la bonne heure tous les jours mêmes sans avoir de montre ! Nous arrêtions de travailler tous les jours à 12h et à 19h pile (même si c'est arrivé d'avoir 5 minutes de retard ou d'avance) c'est un réel 6ème sens ! 😄

Tout les jours sauf le samedi matin et le dimanche, nous avons travaillé au côté de Wolfgang (et quelques fois en autonomies). Nous avons réalisé plusieurs tâches différentes au cours de cette semaine.

Les premiers jours, nous avons préparé une des deux buttes de devant la maison, il y avait sur celle-ci des engrais verts (plantes qui pousse presque toute seules puis qui sont coupées pour apporter énormément de nutriment au sol et réalisant un paillage “naturel”). Nous les avons coupé à l'aide d'une faux et de faucilles pour les restes, c'était l'occasion de découvrir la faux et sa technique bien physique (bonjour les courbatures).

photo de butte avant et après la coupe

Nous avons ramassé du foin qui été déjà coupé un peu plus bas sur le terrain pour réaliser un paillage par-dessus les engrais naturels fraîchement coupés. Une autre fois, nous avons clarifié une zone du potager qui avait été envahi par quelques herbes qui grimpaient sur le grillage qui entoure la maison afin de laisser “respirer” et prendre le soleil à des jeunes pousses de vignes qui sont plantées là. Nous avons fait de même pour un poirier qui était envahit de prunier et de ronces un peu plus loin dans le potager. En effet, les arbres ont besoin d'espace pour se développer. 🌳

Nous avons également nettoyer les herbes qui poussaient autour de la serre et des bacs à compost, c'était l'occasion de réutiliser la faux, Samuel commençait à prendre le coup de main et a fait disparaitre un tas d'orties en un rien de temps !

vigne clarifier

En parlant de compost, nous nous sommes occupé du rééquilibrage d'un bac. En effet, nous avons appris qu'il fallait équilibrer le taux d'azote et de carbone en fonction des besoins de notre sol. Pour Wolfgang il y avait trop de carbone dans un bac, nous nous sommes donc occupé de le vider dans un premier temps pour ensuite le remplir couche par couche en prenant le temps d'ajouter de la matière azoté (poil d'ânesses, herbes coupées, coquille d’œuf ou autres). C'est un compost a chaud, qui consiste a faire que le compost se dégrade rapidement (contrairement à un compost a froid où il faut attendre environ deux ans pour que tout soit décomposé). bacs à compost Quelques jours après nous sommes aller le surveiller, avec une thermosonde (thermomètre sonde) nous avons pu mesurer une température de 70°C au cœur du compost ! C'est ce qui faut pour que la matière se décompose rapidement, mais afin d'assurer que tout se décompose à la même vitesse nous l'avons “mélangé” en mettant l'intérieur à l'extérieur et inversement. Petite anecdote : certaines personnes font passer des tuyaux d'eau dans leur compost à chaud pour profiter des 70°C naturellement générer par la fermentation pour faire chauffer leurs eaux. 🌡

Nous avons également préparé du bois pour le chauffage. Avant notre arrivée, Wolfgang à couper un énorme chêne avec un ami, dans la forêt sauvage car celui-ci prenait trop de place et ne laissais pas suffisaient de soleil pour les autres plantes du coin. De plus, les anciens propriétaires du terrain y avaient planté des barres en métal pour y construire une palombière (voir l'article Oasis des ptis potes). Nous sommes donc arrivé devant un arbre abattu et prédécoupé en morceau, l'arbre étant vieux et donc très épais, il a fallu fendre les gros morceau en plus petit et donc plus simple à transporter et à stocker. Pour ce faire nous avons utiliser une fendeuse hydraulique pour casser les plus gros morceaux puis nous avons terminé avec une hache à la tête très épaisse spéciale pour fendre les bûches. bois coupé C'était très physique, car il fallait frapper la bûche avec beaucoup de puissance et de précision, mais comme pour la faux, il a fallu un petit temps d'adaptation puis nous nous en sommes sortie (c'est pas aussi simple que ce qu'on nous laisse croire dans les films !). 🪓 En plus il fallait faire attention aux nœuds de l'arbre (là où il y avait anciennement des branches) car ce sont des parties extrêmement difficile a fendre, que ce soit avec la machine ou à la main. Nous avons ensuite transporté les bûches pour les entreposer et les laisser sécher, stockées pas loin de la maison.

En dehors des activités du domaine, nous avons pu visiter un peu les environs en accompagnant Wolfgang au marché de Sainte-Foy-la-Grande samedi. Nous avons était étonné de la grandeur du marché pour un si petit village (en tout cas de ce que nous avons pu voir) l'architecture du centre-ville est cependant très jolie.

Sainte-Foy-la-Grande

Le dimanche, nous avons participé à un événement organisé par Wolfgang : le Permatour. Qui consiste à se retrouver chez une personne différente à chaque rencontre pour découvrir leurs jardins/potager/terrains en permaculture. C'est une occasion pour échanger des astuces, poser ses questions, s'inspirer, faire des rencontres, partager un bon repas ou tout simplement passer un bon moment avec des personnes partageant notre vision du monde. C'était un moment très enrichissant et nous sommes heureux d'avoir pu participer. Ce dimanche, nous visitions l'oasis de Sandrine : Rout'heArt nous avons déjà parler des oasis dans notre premier article. L'objectif de Sandrine est un créer un oasis sur son terrain de 3 hectares.

photo de la maison en construction de Rout'heArt

Nous avons beaucoup aimé le concept du permatour et espérons trouver d'autres initiatives de la sorte dans d'autres régions.

Nous avons également pu visiter un projet d'éco-hameau en construction, les butineurs du bonheur. Nous y sommes passé brièvement car ils étaient en pleine construction de cabane. montage de quelques photos des butineurs du bonheurs

Apprentissage

Wolfgang à énormément d'expériences en permaculture mais aussi pleins d'autres sujets. Cette semaine fut courte mais intense en apprentissage. Nous avons appris plein de choses. Par exemple, nous avons eu un cours particulier sur la vie du sol et tout ce qui se passe sans que nous ne le sachions, il nous a expliqué comment cette vie protège nos plantes, pourquoi et comment la protéger pour que nos plants puissent pousser en toute sérénité. On appelle ça là chaine alimentaire du sol. schéma de la chaine alimentaire du sol

De même, nous avons eu un cour particulier sur le compost et sa composition, il est souvent recommandé de trouver un équilibre 50/50 entre azote et carbone. Mais en fait en fonction du sol qu'on cherche à “imiter” pour faire pousser telle ou telle plante, il faut un équilibre différent. Par exemple des fraises qui poussent dans les bois ont besoin de plus de carbone qu'un maïs qui pousse dans un champs d'herbe (très azoté) !

Nous avons regardé le film documentaire “Solutions locales pour un désordre global” de Coline Serreau. Ce fut très instructif, et même si le film commence à dater d'il y a quelque temps, beaucoup de point traité sont encore aujourd'hui d'actualité. Nous vous conseillons de le regarder, car il donne énormément d'information sur notre société actuelle et pointe du doigt certains problèmes en proposant des solutions ainsi qu'en exposant celles déjà en place. 👍

Wolfgang nous a fait une conférence en privé sur les champignons (qui dure habituellement 2 heures) dans le salon sur son vidéo-projecteur. Il nous a donc fait une présentation détaillée des champignons, de leurs fonctionnements et des bienfait qu'ils peuvent apporter à notre corps tout comme à la terre. D'après certaines théories, ce seraient les champignons qui auraient détruit (il y a des milliers d'années) les roches qui composaient la Terre pour en faire le sol que nous connaissons aujourd'hui (la terre quoi). D'après une autre théorie, ce serait eux qui aurait permis aux premiers hommes de développer leurs cerveaux ! 🧠

En effet, les champignons peuvent servir à pleins de choses, ils permettent par exemple aux plantes de respirer, de digérer, de transporter des nutriments et également de partager des informations ! C'est ce qu'on appelle une symbiose, quand deux éléments vivent ensemble avec des “bénéfices réciproques”, ce sont des champignons Mycorhiziques.

Il existe deux autres types de champignons un peu plus connu : ce sont les Saprophytes, qui vivent aux dépens de matières organiques inanimé (bois mort, terreau, fumier, etc ...) ce sont eux qui s'occupent de la dégradation des sols et des éléments qui s'y trouve, c'est par exemple le cas des morilles ou des fameux champignons de Paris dont le vrai nom est en fait “agaric bispore”.

Le dernier type de champignon est souvent le plus redouté, il s'agit du Parasite, qui s'installe lui sur des hôtes vivants, le plus souvent des arbres affaiblie ou blessés, même s'ils peuvent s'installer sur des espèces vivantes par exemple les Cordyceps qui peuvent s'installer sur des fourmis ou autres insectes. Ces champignons parasite entraînent souvent la mort de leurs hôtes car ils drainent leurs énergies.

Nous avons appris que pour cuisiner des champignons, il était important de les cuire au moins 15 minutes à la poêle, car la peau des champignons contiendrai de l'agaritine qui n'est pas digéré par les enzymes (bactérie qui décompose la nourriture dans notre estomac). Donc si vous avez pour habitude de manger des champignons de Paris cru, il se pourrait que vos problèmes gastriques viennent de là. 😉

À plusieurs reprise pendant notre séjour, Wolfgang nous a préparé des champignons (shiitake et pleurotes du jardin) avec du citron, du gingembre, de la crème de soja et de la sauce soja accompagné de riz, Samuel qui n'est pas particulièrement fan de champignon habituellement ne peut depuis plus s'en passer ! C'était un vrai régal (surtout quand on sait que presque tout vient du jardin) !

champignon qui pousse

Durant son exposé, Wolfgang nous a parler à plusieurs reprises du mycologiste Paul Stamets qui à énormément étudié les champignons et leurs bienfaits, il en parle notamment dans son livre “Mycelium Running : How Mushrooms can help save the world” ainsi qu'en conférence, nous vous conseillons son TedX dans lequel il donne 6 exemples de comment les champignons pourrait aider à “sauver le monde”. 🍄

Vous l'aurez compris, les champignons peuvent tout faire : lutter contre la démence & Alzeihmer (Psilocybin), le cancer (Tramete), aider les sportifs à mieux assimiler l'oxygène (Cordyceps), dépollué les sols (Pleurote), détruire le césium 137 et d'autres déchets radioactifs (Gomphide glutineux), aider le système immunitaire, réduire le cholestérol, régénérer les nerfs, comme matière “plastique” ou même comme isolant! Et la liste peut être encore longue !

Vient la question que vous vous posez tous (ou presque) : mais comment faire pousser mes champignons à la maison ? Et bien, c'est (plutôt) simple, avant tout, il faut savoir quelle sorte de champignon vous souhaitez faire pousser, en fonction de celle-ci, il va falloir créer un certain environnement propice à leur développement. Ensuite il faut se procurer du mycélium, c'est “l'œuf” des champignons, le résultat de la fécondation de spores, pour ce faire on peut en acheter sur internet, ou bien le récupérer d'un champignon trouvé sur la nature (ce qui peut être plutôt complexe)... Ensuite, il ne vous suffit plus qu'a injecter le mycélium dans du bois vivant, du bois mort ou même une botte de paille humide, tout dépend des besoins de l'espèce que vous souhaitez cultiver.

culture de champignon sur bois et bottes de paille

En effet, cela peut prendre quelques jours, comme quelques mois ... Par exemple, lorsque nous étions à La Lombarde, Wolfgang a récupéré à deux reprises des Pleurotes d'une botte de paille de la cour, mais il avait injecté le mycélium dans celle-ci l'année passée sans jamais avoir de résultat !

Bref vous l'aurez compris, nous avons trouver le sujet des champignons très intéressant, c'est une ressource principalement utilisée pour la nourriture, mais il s'avère en fait avoir de nombreuses autres utilités (comme par exemple mettre l'industrie pharmaceutique en sueur) et nous espérons pouvoir nous frotter à leurs cultures une fois que nous serons installés. 😀

Conclusion

Comme dit plus tôt, ce fut une semaine, rapide mais intense en apprentissage, nous avons appris pleins de choses sur des sujets variées et avons pu découvrir et nous entrainer à certaines activités (fauchage, préparation du bois de chauffe, etc ...). Nous aurions aimé pouvoir y rester plus longtemps, mais avons était contraint par le temps ... Nous espérons cependant énormément pouvoir repasser un moment à La Lombarde si nous repassons près de la région, ce serait sans doute l'occasion de voir le lieu à une saison différente et ainsi voir d'autres activités !

Un énorme merci à Wolfgang & à Valérie pour leur accueil chaleureux et leurs enseignements. 🙏

À bientôt pour plus d'aventures Si tu a des remarques ou commentaires n'hésite pas : ludivine@tuta.io 😉